histoire de Blazblue

L’histoire de BlazBlue : rupture créative plutôt que jeu de secours

BlazBlue est souvent présenté comme un simple lot de consolation : Arc System Works, privé des pleins droits sur Guilty Gear, aurait créé une nouvelle licence par défaut. La réalité, racontée par son créateur Toshimichi Mori lui-même, est plus intéressante qu’un simple plan B — c’est l’histoire d’un studio qui a choisi de repartir de zéro, au moment même où sa série la plus emblématique commençait à s’essouffler créativement.

L'histoire de BlazBlue
Née d’une envie de repartir à zéro plutôt que d’un simple manque de droits.

Le contexte : quand Guilty Gear ne suffit plus à Arc System Works

Au milieu des années 2000, la situation de Guilty Gear chez Arc System Works est réellement compliquée : les droits de la série sont alors liés à Sammy Studios (avant sa fusion avec Sega), ce qui limite la liberté du studio sur sa propre création. Ce contexte est régulièrement cité comme la raison d’être de BlazBlue. Mais dans une interview accordée à GamesBeat, Toshimichi Mori, le créateur de la série, apporte une nuance importante : au-delà de la question des droits, c’est surtout le sentiment que Guilty Gear était devenu trop complexe, notamment avec Accent Core, qui l’a poussé à vouloir repartir sur des bases neuves.

Toshimichi Mori, une nouvelle vision

Le moment est également bien choisi en interne : l’équipe qui travaillait sur Guilty Gear XX Slash se retrouve disponible, libérant les ressources nécessaires pour un nouveau projet. Mori ne conçoit pas BlazBlue comme un simple jeu de combat supplémentaire, mais comme une propriété intellectuelle à part entière, pensée pour exister au-delà du seul medium vidéoludique — à travers du manga, de l’anime, et d’autres formats. Cette ambition se concrétise rapidement : peu après la sortie du premier épisode, des adaptations en manga et en anime voient le jour.

Quatre actes pour une seule histoire

La série principale se construit en quatre grands épisodes, sortis sur plusieurs années : BlazBlue: Calamity Trigger (arcade au Japon en novembre 2008, consoles en 2009), BlazBlue: Continuum Shift (arcade fin 2009, consoles en 2010), BlazBlue: Chrono Phantasma (arcade fin 2012, consoles à partir de 2013) et enfin BlazBlue: Central Fiction (arcade fin 2015, consoles en 2016), présenté comme la conclusion du récit centré sur le protagoniste Ragna. Chaque épisode reçoit également des versions étendues (Extend) apportant contenu et rééquilibrages.

La saga s’est bâtie une réputation bien particulière autour de son scénario : une intrigue construite autour d’une boucle temporelle et d’une mythologie dense, souvent citée par les joueurs eux-mêmes comme l’une des plus difficiles à suivre de tout le jeu vidéo — au point d’avoir inspiré, au fil des ans, de nombreux guides et vidéos communautaires uniquement dédiés à tenter de l’expliquer.

Une identité de jeu à part

Sur le plan du gameplay, BlazBlue se distingue par une approche résolument rushdown : rapide, agressive, avec un accent marqué sur les combos. Le jeu repose sur quatre boutons d’attaque (A, B, C, allant du plus léger au plus lourd) auxquels s’ajoute un bouton Drive, une action spécifique et unique à chaque personnage qui devient la signature de son style de jeu. Cette diversité de Drive, plus que le roster lui-même, façonne une bonne partie de l’identité mécanique de la série, chaque personnage proposant une façon de jouer très différente des autres.

Une licence en pause

Le 25 septembre 2022, Toshimichi Mori annonce son départ d’Arc System Works après près de vingt ans passés dans le studio, sans donner de raison précise. Cette annonce intervient alors qu’aucun nouvel épisode principal de BlazBlue n’est sorti depuis Central Fiction en 2015-2016 — une pause déjà longue au moment du départ de son créateur, qui laisse planer une incertitude réelle sur l’avenir de la licence sous sa forme classique de jeu de combat.

FAQ

BlazBlue a-t-il été créé uniquement parce qu’Arc System Works n’avait plus les droits sur Guilty Gear ?

Pas uniquement : la question des droits, alors détenus par Sammy Studios, faisait partie du contexte, mais son créateur Toshimichi Mori explique que la motivation principale était avant tout une envie de repartir sur des bases neuves après un Guilty Gear jugé trop complexe.

Combien d’épisodes principaux compte la série BlazBlue ?

Quatre grands épisodes composent le récit central : Calamity Trigger (2008), Continuum Shift (2009), Chrono Phantasma (2012) et Central Fiction (2015), ce dernier étant présenté comme la conclusion de l’arc centré sur Ragna.

Y a-t-il un nouveau BlazBlue prévu ?

Aucun nouvel épisode principal n’est sorti depuis Central Fiction, et le départ de son créateur Toshimichi Mori d’Arc System Works en septembre 2022 laisse l’avenir de la licence incertain.