EVO Japan 2019 – Keev vs Shen Chan : la France sacrée sur SoulCalibur VI

15-17 février 2019. Fukuoka Convention Center, Japon. Grande finale de SoulCalibur VI au tout premier EVO Japan à proposer ce jeu à son line-up. Score final : 3-0 pour le Français Kevin « Keev » Akre, avec Nightmare, face au Cervantes du Singapourien Shen Chan. Seul joueur occidental de tout le Top 8 — face à un plateau dominé par le Japon et Singapour — Keev devient le tout premier champion EVO de l’histoire de SoulCalibur VI.

Écran de sélection Nightmare vs Cervantes, Keev vs Shen Chan, EVO Japan 2019
L’écran de battle de la grande finale : le Nightmare de Keev face au Cervantes de Shen Chan.

Une position de force jusqu’au bout

La France a une histoire particulière avec SoulCalibur : dès 2010, l’équipe nationale décrochait le titre de championne du monde par équipe sur SoulCalibur IV. Keev s’inscrit dans cette continuité — sans être un nom déjà installé sur la scène internationale au moment de cet EVO Japan.

Son parcours dans le winner bracket est solide, presque tranquille, jusqu’à la demi-finale winner où il croise Tamonegi, un spécialiste de Maxi dont la maîtrise des stances met Keev en réelle difficulté. C’est le seul moment du tournoi où sa qualification semble vaciller : il s’en sort 2-1, dans le set le plus disputé de tout son parcours. Il reste stoïque, mais l’adversité a été bien réelle.

En face, dans le losers bracket, Shen Chan trace sa route avec un Cervantes agressif et imprévisible, enchaînant les mix-up qui déstabilisent un adversaire après l’autre pour remonter jusqu’en grande finale.

Le récit du match

Source : VOD officielle de la grande finale, publiée par EVO

Sur le papier, la grande finale tourne en faveur de Keev du début à la fin : 3-0, sans reset de bracket nécessaire. Dans les faits, le déroulé est beaucoup plus disputé que ce chiffre ne le laisse penser. Shen Chan multiplie les prises de risque avec Cervantes, ses mix-up mettant Keev sous pression à plusieurs reprises — au point de lui infliger un perfect sur l’un des trois jeux, remportant une manche entière sans perdre le moindre point de vie face au Nightmare français.

Mais à chaque fois, Keev retrouve son sang-froid. Il encaisse la pression sans jamais paniquer, exploite la lenteur et la puissance de Nightmare pour reprendre le contrôle de la distance, et referme systématiquement les jeux suivants. Ring-outs, K.O. classiques : il utilise tout l’arsenal que permet SoulCalibur pour ne jamais laisser Shen Chan revenir dans le match.

Le K.O. final scelle un tournoi maîtrisé de bout en bout, à l’exception de ce seul accroc en demi-finale winner contre Tamonegi.

Ce qui reste de ce moment

Cette victoire fait de Keev le premier champion EVO de l’histoire de SoulCalibur VI, et confirme un peu plus le statut particulier de la France sur cette série — un pays qui, sur SoulCalibur, occupe une position équivalente à celle du Japon sur Guilty Gear ou de la Corée du Sud sur Tekken. Il repart avec environ 4 000 € de prize money. Après sa victoire, il tient à remercier les joueurs français qui l’ont aidé à se préparer contre tous les types de match-up avant le tournoi — signe d’une scène nationale qui fonctionne comme un collectif plus que comme une somme de talents isolés.

Quelques mois plus tard, à la DreamHack de Tours, c’est un autre Français, Skyll, qui viendra le priver d’un nouveau titre sur SoulCalibur VI — la preuve que cette suprématie tricolore ne tenait pas à un seul homme.


FAQ

Qui a remporté la grande finale SoulCalibur VI à l’EVO Japan 2019 ?
Kevin « Keev » Akre (France) a battu Shen Chan (Singapour) 3-0 avec Nightmare face à Cervantes, devenant le premier champion EVO de l’histoire de SoulCalibur VI.

Pourquoi cette victoire est-elle marquante pour la scène française ?
Elle confirme la domination historique de la France sur la série SoulCalibur, quelques années après le titre de championne du monde par équipe décroché sur SoulCalibur IV en 2010.

Keev était-il favori de ce tournoi ?
Il n’était pas le nom le plus attendu avant la compétition, mais s’est imposé comme le seul joueur occidental du Top 8, ne concédant qu’un set serré en demi-finale winner avant de dominer la grande finale.